J’ai passé cinq belles années en Guyane Française et combien de fois ai-je pu constater, avec tristesse que ce département jouit d’une bien mauvaise réputation. C’est pourquoi j’ai envie, à travers les lignes qui suivront, de démystifier ce territoire incroyable.

 

1. La Guyane est une île

Faux, tous les DOM français ne sont pas des îles … La Guyane fait partie du continent sud-américain et est enclavée entre le Brésil et le Surinam (ancienne Guyane
hollandaise).

 

2. Il y a beaucoup de violence en Guyane

Comme partout, il ne faut pas être au mauvaise endroit, au mauvais moment. En cinq ans passés là-bas, je n’ai jamais rencontré de problèmes, même lorsque je devais me rendre à des endroits de mauvaise réputation.

 

3. La forêt est hostile

En Guyane, la forêt est impressionnante, mais sereine : on ne croise pas plus de serpents qu’en France (il y a 20 fois moins de décès pas morsure de serpent qu’en France métropolitaine), on ne croise pas de mygales, il n’y a pas de sangsues, bref, la forêt est accueillante.

 

 

4. Le racisme anti-blanc est très présent

Si c’est le cas, je ne l’ai jamais vécu.
J’ai travaillé avec les principales cultures : créoles, amérindiennes et bushi-nengées, pendant 5 années, main dans la main, parce que celui qui aime la Guyane est toujours le bienvenu en Guyane.

 

5. Les moustiques sont une calamité

C’est vrai si l’on se rend là où il y a des « volées » de moustiques : c’est à dire dans des lieux précis à une heure précise. En saison sèche, il y en a peu, en saison des pluies, ils sont néanmoins plus présents, comme dans d’autres régions française. Manches longues, antimoustique et moustiquaire pour dormir … le tour est joué.

 

6. L’humidité est insupportable

C’est vrai que l’on sue beaucoup en Guyane, c’est vrai que l’humidité est omniprésente en saison des pluies. Est-ce que cela rend le climat insupportable ? Nombre de métropolitains vivent en Guyane et reçoivent des amis pour quelques jours ou quelques semaines. Ces personnes sont plutôt enchantées de leur séjour et très peu se retrouvent assommées par l’humidité. La chaleur peut être plus difficile à supporter, on fait alors comme dans le sud de la France : on vit le matin, en fin de journée et on fait la sieste l’après-midi.

 

7. Le paludisme est une omniprésent

Oui, le paludisme est présent en Guyane, la dingue aussi…
Mais seulement sur des zones précises et connues en directe puisqu’elles sont recensées par les services de santé. On oublie donc la malarone (qui fatigue plus le corps que l’humidité) et on évite les zones à risques …

 

8. Les infrastructures sont désuètes

La Guyane à un fort goût d’Amérique du Sud et c’est ce qui fait son charme : des bâtiments dernière génération côtoient des habitations précaires, des quartiers populaires sont mitoyens de quartiers résidentiels, il y a un cinéma duplex, mais certains villages ne sont accessibles qu’en pirogue, il y a des routes goudronnées jalonnées de pistes sauvages …
Bref, ici on est dépaysé et je me suis souvent demandé pourquoi les gens préfèrent partir en vacances au Pérou ou en Bolivie plutôt qu’en Guyane.
Quel plaisir de savoir qu’ici on est en France et donc que la communication est aisée, que le fonctionnement des institutions est le même qu’en métropole (un peu plus lent peut-être), tout comme le système de santé ou l’éducation. Et pourtant on vit le dépaysement, comme on le vivrait dans d’autres pays d’Amérique du Sud.

 

9. L’immigration est incontrôlée

Ce serait malhonnête de dire qu’elle l’est : avec 1000 km de frontière avec le Brésil et le Surinam, l’immigration en Guyane est une évidence. A cette différence près qu’elle faire partie du paysage local et du quotidien.
Par exemple, de nombreux brésiliens vivent en Guyane, quoi de plus normal que de recevoir son frère pour une visite ou parce que l’on a besoin d’un coup de main dans dans son garage automobile ? Compte tenu de la difficulté pour avoir le visa pour venir en Guyane et de la facilité pour venir à Cayenne sans se déclarer, le choix est vite fait.
Je me souviens avoir lu dans France-Guyane que la police aux frontières (PAF) de Saint Georges de l’Oyapock s’était fait épinglée par la direction du travail (ex DDTEFP) pour avoir embauché des brésiliens en situation irrégulière pour réaliser l’entretien des espaces verts de leurs bâtiments.

 

10. L’orpaillage est une calamité

Il est présent en Guyane, une partie officielle et déclarée, l’autre partie, certainement majoritaire, étant plutôt de l’orpaillage sauvage.
Ces deux orpaillages occupent une partie très réduite du territoire : en vivant sur le littoral, on a aucun indice qui laisserait penser qu’il y a de l’orpaillage en Guyane.
Malgré cela, certaines populations sont impactées, comme les amérindiens du Haut Maroni qui, se nourrissant de poissons carnassiers, s’intoxiquent avec le mercure (l’orpaillage augmente le taux de mercure dans les cours d’eau) ingurgité par ces derniers en fin de chaîne alimentaire.

Plus de renseignements sur la Guyane

1 commentaire

  • Manu,

    Superbe analyse

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